mercredi, 26 avril 2017|

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Le saut de l’ange de ce diable de Jello Biafra

Les Dead Kennedys, vous vous souvenez ? 1979. Un groupe de punk californien mythique : Holiday in Cambodia… California Über Alles… le genre à transformer une salle de concert en apocalypse anarchiste. Depuis, le groupe a explosé, guerre fratricide à la clé, mais son charismatique leader, Jello Biafra, est toujours là.

A l’heure où la punkitude devient un sujet muséal ou une promenade du troisième âge, il reste à 55 ans la rencontre ironique entre le Joker sardonique de Batman et un José Bové rock’n’roll. Mercredi 23 avril, il est avec son nouveau groupe, le Guantanamo School of Medicine, dans les sous-sols du Centquatre à Paris.

DU PUNK, JELLO BIAFRA A L’ÉNERGIE, PAS LES STIGMATES

La salle, c’est plutôt rides et rouflaquettes, mais pas que… ça brasse large. Jello Biafra a monté tant de groupes qu’on se perd dans la jungle des tee-shirts arborés. Cela va tout de suite à 100 à l’heure. Vagues de chair et de sueur. Du punk, Jello Biafra a l’énergie, pas les stigmates. Tout juste sacrifie-t-il au culte No Future en s’essuyant le micro sur le cul puis en le reniflant.

Mais chez le tribun à peine caché qui sommeille en lui, ce qui se passe entre les morceaux est le plus important. « Au début des années 1930, l’ennemi public numéro un était un gars qui avait volé quelques banques, mais personne n’était là pour critiquer les banquiers qui avaient coulé Wall Street… John Dillinger, cette chanson est pour toi. » Acclamations.

UNE RUCHE DE RADICAUX QUI DANSENT LA SARABANDE

Jello Biafra est à Olivier Besancenot ce que l’Eglise évangélique est aux catholiques : une version chantée et bigarrée qui puise dans la transe la force de son discours prosélyte. L’austérité (« Vous voulez combler le déficit de la France, faites payer les riches ! »), le racisme, les prisons privatisées, le gaz de schiste (« Là-dessus : vive la France ! »)…

Tout y passe. Torses nus et tatoués ou petites lunettes d’intellos, c’est une ruche de radicaux gravement atteints qui, sous sa baguette, dansent la sarabande. Quand, d’un coup, le gras et dansant ludion s’élance et se jette dans la foule. Le saut de l’ange… California Über Alles, reprend le cœur des combattants.

Source : Le Monde du 24/04/14 par Laurent Carpentier


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